Vincent Berthoud, anarchiste lyonnais "s'établit" à Montceau-les-Mines en septembre 1884

 

Premier des « établis », insoumis au service militaire, indicateur ou propagandiste anarchiste en mission ?

 

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Vincent Berthoud s'établit à Montceau-les-Mines en septembre 1884
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Retournant récemment dans les archives de Saône-et-Loire à Mâcon, je tombai sur un dossier qui m'avait échappé (1) lors de mes recherches précédentes pour mon livre sur la Bande noire. J'y découvris des détails sur le personnage de Vincent Berthoud. Celui-ci ne m'était pas inconnu, ni sa venue dans le bassin minier de Montceau-les-Mines à la fin de l'été 1884 en pleine période d'attentats à la dynamite des groupes autonomes montcelliens. Mais ce dossier donne d'autres informations et détails sur le personnage et son itinéraire. D'où cet article.

Vincent Berthoud ne serait-il pas le premier des « établis» (2) ? ai-je immédiatement pensé dans un enthousiasme historico-romantique. On pouvait légitimement se poser la question, sa démarche faisant penser à celle de ces post soixante-huitards qui « jouèrent à l'ouvrier » au début des années 70.

Mais Berthoud aurait fuit Lyon en juillet 1884 pour échapper selon la police :

1) au service militaire.

2) à une arrestation imminente liée à ses activités politiques autour des journaux anarchistes.

3) à sa compagne, mère de son premier enfant et enceinte du deuxième.

Ces explications liées à sa situation individuelle ne masquaient-elles pas d'autres buts plus  politiques : Une mission de propagande voire d'infiltration dans les groupes anarchistes du bassin minier de Saône-et-Loire ?

Voyons cela de plus près. Rembobinons le temps pour suivre dans son périple de l'été et de l'automne 1884 celui que les jeunes mineurs montcelliens qui l'accueillirent appelaient « le lyonnais » (...)

 

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1- Ce dossier (2U/717) regroupe l'instruction charolaise des attentats du bassin minier et un sous-dossier consacré à Vincent Berthoud. Les pièces pour lesquelles il subsistait des charges furent envoyées à Chalon pour les assises de mai 1885. Procès auquel Berthoud ne fut pas renvoyé. Bénéficiant d'un non-lieu, il fut libéré en mars...

2- Un documentaire télévisé (Tous à l'Usine / France 3 Pays de Loire) nous chroniqua récemment l'itinéraire de quelques uns d'entre-eux, qui dans le sillage de 68, petit livre rouge du président Mao en poche, partirent évangéliser l'ouvrier à la Révolution. Lire aussi :Robert Linhard : L'établi en 1978 / Virginie Linhard : Volontaires pour l'usine. Vies d'établis (1967-1977) en 1994, Le jour où mon père s'est tu en 2008). Simone Veil (La philosophe) dans les années 30 et les prêtres ouvriers des années 50/60, se frottèrent aussi au cambouis ouvrier...