Le commissaire Thévenin pète les plombs...

Le jeune commissaire Thévenin pensait que l'arrestation des anarchistes de La Bande noire couronnerait sa carrière. Il organisa avec l'aide de l'infiltré Brenin "l'attentat fatal" du 7 novembre 1884, un flagrant délit policier qui "fit tomber" Jean Gueslaff et les principaux activistes des groupes anarchistes de la région de Montceau-les-Mines. Mais après les arrestations, Thèvenin va péter les plombs sous la pression et n'ira pas jusqu'au procès. Sa mort, opportune pour le pouvoir, restera suspecte.


La confrontation du 20 décembre avec Brenin a dû faire réfléchir le commissaire Thévenin qui part se reposer dans sa famille à Montluçon où il reste deux jours. Las-bas, il tourne et retourne les conséquences de « ses aveux » jusqu'à en faire « une fixation ». Cette affaire, qui pouvait être le couronnement de sa jeune carrière, n'allait-elle pas avoir l'effet inverse ? En effet, si la préfecture et le ministère l'ont couvert dans son opération d'infiltration via Brenin, ils refuseront de passer pour les provocateurs et instigateurs de « l'Attentat fatal ». Et puis Brenin qui refuse de porter seul le chapeau le mouillera, lui Thévenin, autant qu'il le peut... Donc le provocateur, ce sera lui Thévenin, commissaire de police qui passera pour l'organisateur de l'attentat contre Étienney ! Un commissaire de police anarchiste pendant qu'on y est !

 

 

Un commissaire de police à l'asile

 

 On imagine le dérangement mental qui peut résulter de cette paranoïa qu'éprouve le commissaire. Par contre, ce dérangement enfle dangereusement et très vite : le 23 décembre, soit 3 jours après sa confrontation avec Brenin devant le juge, Thévenin rentre à Montceau. Sur le quai de la gare, il rencontre le commissaire spécial des chemin de fer, Müller. Celui-ci lui trouve « un regard un peu drôle » et lui demande ce qu'il a. Thévenin répond seulement qu'il «  a perdu [son] sac de nuit, [son] parapluie et [sa] brosse » et s'en va.

 Müller qui remarque la perturbation chez son jeune collègue se rend le lendemain au bureau de celui-ci et rapporte :

 

Aujourd'hui 24, je me rendis au bureau de Mr Thévenin. Je frappais, puis n'obtenant pas de réponse, je suis entré dans le bureau. Les volets des fenêtres étaient fermés, M. Thévenin avait l'air de dormir. Je lui demandais ce qu'il avait, il me dit : « Vous savez bien ce que je suis ou ce que l'on dit que je suis, le chef des anarchistes ; tout le monde me poursuit ; vous savez bien ce que l'on dit sur mon compte, moi le chef des anarchistes (...) Sur ces derniers mots, M. Thévenin me montra un endroit du plafond où le plâtre avait été enlevé, il me dit : « Regardez-là », puis il ferma les yeux sans répondre à mes paroles (...)

 

Thévenin file effectivement un mauvais coton si l'on en croit le commissaire Müller. Celui-ci prévient le docteur Jeannin (l'ancien maire de Montceau-les-Mines) et Bertrand l'actuel premier magistrat de la ville. Jeannin examine avec peine, le jour même ce 24 décembre, un Thévenin de plus en plus enfermé dans son délire et rapporte :

 

Je ne pus lui arracher un mot. Il me parut dangereux. Il criait, brûlait des papiers, refusait de manger. Il me dit : « Ah ! Docteur, je vous en prie, empêchez qu'on me guillotine : je suis un homme mort, perdu. Il parlait de dynamite, de bruits, de lettres écrites contre moi-même, etc... (...)

 Il dit avoir fait des bêtises, qu'on lui a tendu des pièges et qu'il est tombé dans un traquenard monté par la justice... Ce malheureux est réellement aliéné, sous l'emprise d'un idée fixe et atteint de la maladie de la persécution 1 (...)

 

 Puis Thévenin échappe au Docteur Jeannin « fuyant sur le coup d'un violent accès de folie, disant qu'on allait l'exécuter, qu'il était condamné à mort » comme le rapportent les gendarmes réquisitionnés pour l'arrêter. Maîtrisé, fouillé pour lui soustraire une éventuelle arme, Thévenin est « conduit à la mairie à la disposition de l'autorité locale, mis sous la garde de citoyens requis à cet effet ». Le docteur Jeannin signe alors le certificat médical qui permet l'internement d'office à l'asile d'aliénés. Et le lendemain 25 décembre, accompagné du chef de cabinet du sous-préfet Lericolais, qui lui fait croire qu'il l'emmène chez ses parents, Thévenin entre à l'asile dans une crise de rage telle qu'on lui passe illico la camisole de force. « Poussant des cris horribles et menaçant de se suicider », le médecin-chef Lacuire le fait mettre en chambre capitonnée...

 

Le 26, le préfet Floret signe l'arrêté officiel d'internement en asile. Thévenin n'en sortira que le 19 février 1885, les pieds devant. « Immobile et inerte dans son lit, Thévenin a succombé, sans agonie, par suite d'une stupeur comateuse, résultat d'une congestion cérébrale... » écrit le docteur Lacuire dans son rapport. Alternant « loquacité intermittente et mutisme obstiné », rejetant la « nourriture à la figure de ceux qui la donnent », le commissaire a eu pourtant fin janvier une période de rémission :

 

Thévenin a eu une rémission marquée dans l'aggravation des symptômes morbides ... Il s'est mis à manger seul, il a pu remercier les personnes qui s'occupait de lui, il s'est levé, il s'est promené mais il conservait ses idées de suicide qu'il essayait de mettre à exécution en se frappant la tête contre les murs (...) il a pu écrire plusieurs lettres pour faire venir des effets et réclamer sa sorties de l'asile : ses lettres étaient lucides (...)

 

Mais Thévenin rentre bientôt dans un « stupeur comateuse persistante » marquée par un « mutisme complet, par la fixité du regard, la non contractilité des pupilles très largement dilatées... ». Si l'on ajoute « le refus obstiné de nourriture » imposant « une sonde œsophagique » pendant 12 jours, Thévenin était bon pour la grande bascule... On connaît la fin.

 

 

Une mort suspecte et opportune

 

Des questions perdurent sur cette fin du policier qui organisa avec son agent Brenin l' « attentat fatal ». Thévenin se sentait menacé. Par qui ?

 

- Par les anarchistes ? C'est en effet logique. Brenin l'aurait prévenu lors de l'un de leurs entretiens début novembre qu'on cherchait à l'assassiner2. Brenin trouvait même que le commissaire avait un revolver bien trop « petit » pour se défendre et lui prêta même le sien d'un plus gros calibre3, acheté par l'intermédiaire d'Hériot. On peut tout à fait imaginer qu'il ne se sentait pas à l'abri en restant à Montceau à la merci d'une vengeance anarchiste.... Il a bien dit au commissaire Müller venu le voir le 24 décembre qu'il voulait que l'on le « change » d'endroit et s' « en aller »4.

 

- Par l'institution policière elle-même ? Ce n'est pas impossible. Il est le seul à pouvoir mouiller à son tour le préfet voire le ministre... Thévenin a bien dit au juge avoir brûlé « toutes les lettres » que Brenin lui a adressées. Jeannin le voit aussi brûler des papiers dans son bureau le 24 décembre, prenant son geste pour de la folie... Le chef de cabinet du préfet s'empressera tout de même de se rendre à Montceau après la mort du commissaire « pour mettre sous pli cacheté tous les papiers qu'il trouverait pour les apporter au préfet »5. Si ces papiers deviennent un enjeu, c'est qu'ils peuvent contenir les preuves de la manipulation policière de l' « attentat fatal». Un fait troublant rapporté par la femme de Brenin accrédite cette thèse :

 

Milieu février, juste avant la mort du commissaire, un individu rend visite à Anne Brenin. Il lui dit être venu « pour sortir son mari de prison, que Thévenin et le ministère s'étaient joué de lui 6». Mme Brenin lui demande s'il est avocat, celui-ci lui répond négativement puis lui dit ; « Vous devez avoir une lettre de Thévenin, montrez la moi donc ? ». Anne Brenin, enceinte, dit ne pas pouvoir se lever et refuse. L'individu insiste demandant à ce que les deux petites filles Brenin aillent chercher ce courrier... Devant un nouveau refus, il s'en va, non sans lui avoir donné « un écu de 100 sous » mais revient un peu plus tard le même jour avec un ami qu'il dit être médecin pour « lui donner une visite ». Anne brenin accepte la visite qui semble professionnelle (« il m'a touché le ventre des 2 côtés »). Puis les 2 individus redemandent « si elle voulait donner la lettre de Thévenin », toujours en voulant faire faire la recherche par les 2 petites Brenin... Ils essuient un nouveau refus et partent enfin. Mais le lendemain rebelote : le premier individu revient et Anne Brenin lui dit ne pas avoir trouvé cette lettre... Là-dessus, il repart disant qu' il tapera « sur le ministère, sur le préfet » et que « Thévenin était tenu à Bourg mais qu'il n'était pas fou » !

 

Qu'en penser ? Que contenait cette lettre ?

 

Anne Brenin dit au juge le 20 février qu'elle l'a remise à son avocat, qu'elle était très courte relative « au procès que son mari a eu pour une loterie » et qu'elle portait « le cachet du commissariat de police ». On a bien compris qu'il s'agit de la convocation envoyée par Thévenin à Brenin en vue de lui proposer le blanchiment sur la loterie clandestine contre des renseignements sur les anarchistes. C'est donc bien Thévenin, et derrière lui toute l'institution policière et politique qui fait de Brenin un agent infiltré. C'est bien cela que le pouvoir politique veut cacher et que d'autres, à l'inverse, veulent prouver. En effet rien ne dit qu'il s'agit d'agents de la sûreté qui sont venus chez Anne Brenin. Cela peut très bien être des journalistes « républicains » voulant accréditer leurs thèses complotistes.

 

 

Les délires complotistes

 

Le journal anarchiste Le Révolté écrit en janvier 1885:

 

Les journaux bourgeois de Paris, l'Intransigeant, le Cri du Peuple, La République radicale, Le Gil Blas annoncent avec fracas que ce serait un agent du ministère qui aurait provoqué les troubles de Montceau (...) Certes, nous sommes loin de nier que Wladeck-Rousseau [ministre de l'Intérieur] soit un parfait coquin, que Ferry [président du conseil] soit un sinistre bandit (...) Ce sont de parfaites canailles (...) Que Waldeck ait employé des mouchards à Montceau cela ne fait aucun doute, car, pour que la police ait été avertie de l'attentat que préparait le compagnon Gueslaff, il fallait qu'un faux frère se fut glissé parmi les anarchistes de Montceau, mais partir de là pour affirmer que tout ce qui s'est fait à Montceau (...°) sont l’œuvre d'un policier, il faut toute la mauvaise foi d'un radicaillon bourgeois.7

 

 On a vu que l'infiltration de Brenin dans le groupe d'Hériot aux Allouettes n' a été effective qu'à partir du 24 octobre, date à laquelle Brenin réussit à s'attacher à Hériot et Desbrosses. Soit 15 jours avant l' « attentat fatal » du 7 novembre 1884 ! Ce sont 15 jours d'infiltration contre des années de lutte qui se sont succédées depuis la grève de 1878 ! Cela suffit pourtant aux bourgeois de la presse radicale et républicaine-socialiste pour faire de toutes les actions anarchistes de Montceau une opération policière8 ! Pour cette presse, il s'agit d'abord de s'opposer au gouvernement « opportuniste » de Ferry, les ouvriers montcelliens ne sont dans ce cadre qu'un prétexte. En témoigne cet extrait digne de la presse « torche-cul » :

 

- Dans L'Avenir, journal républicain socialiste de Lyon, du 6 février 1885, sous le titre : « Le Complot de Montceau-les-Mines » :

 

(...) Nous affirmons et nous défions qu'on nous démente, que le sieur Waldeck-Rousseau a suscité un de ses agents en vue de découvrir, c'est à dire d'organiser un complot anarchiste à Montceau-les-Mines. Cet agent nommé Br...parti pour Montceau-les-Mines, où il organisa à l'aide de quelques ouvriers aussi jeunes que crédules, un pseudo-complot qui se traduisit par la destruction d'une chapelle et une tentative de meurtre sur la personne d'un gendarme (...)

 Le commissaire de police qui a procédé à l'arrestation des 27 soi-disant anarchistes compromis dans le complot fomenté par l'agent Br... a disparu. On le dit mort ou atteint d'aliénation mentale. Or nous mettons le ministère de l'intérieur au défi de produire l'acte mortuaire (...) ou la preuve de son entrée dans un asile (...)

 

 Voilà Brenin transformé en agent à plein temps venu de Paris et les compagnons anarchistes en jeunes et crédules ouvriers manipulés depuis l'incendie de La Chapelle de 1882 jusqu'à l' « attentat fatal » du 7 novembre 1884 ! Sans commentaire.

 De son côté Henri Rochefort, l'ancien communard, gagné également aux théories complotistes durant le procès de 1882, poursuit « sa dérive » qui va le mener bientôt dans les bras du « pré-fasciste » Général Boulanger9. Dans L'intransigeant du 16 novembre 1884, soit une semaine après « l' attentat fatal », on peut lire cette perle dans son éditorial intitulé « La bande noire »  :

 

Tout individu qui consent à faire partie du complot reçoit 3 frcs 50, plus le déjeuner composé de 2 plats, un fromage et une choppe de bière . On peut des aujourd'hui s'inscrire à la préfecture, escalier B, au premier étage, où La bande noire se réunit tous les jours...10

 

Outre l'article de la rédaction du Révolté cité plus haut, une réaction à ce tissu d'inepties a notre préférence: celle des anarchistes montcelliens eux-mêmes. Laissons leur donc le mot de la fin. Ils font paraître le communiqué suivant dans ce même numéro du Révolté de janvier 1885 :

 

La presse bourgeoise et radicale cherche à faire du scandale sur les événements qui se sont déroulés dans notre localité depuis bientôt trois ans, en attribuant exclusivement ces faits à la police de Waldeck ; C'est faux, car les lâches qui se cramponnent au pouvoir sont capables de toutes les calomnies contre les anarchistes qui les combattent (...) Gueslaff, le brave, le courageux jeune homme qui est des nôtres, avait une haine si grande contre ses oppresseurs qu'il n'hésita pas à châtier le misérable Étienney, le pourvoyeur du bagne (...) Mais il avait confiance dans le traître Brenin11, ce fut sa perdition (...) Le tour était joué. Les radicaux ne craignent pas de nous présenter nous anarchistes, comme de vulgaires policiers. (...) Voudraient-ils affirmer que les 1200 électeurs qui se sont prononcés pour la cause révolutionnaire à Montceau et qui, par suite, ont reconnu l'inutilité du vote en voyant ce qu'il a de louche chez tous les parle...menteurs , sont des mouchards ? Leur mauvaise foi irait-elle jusqu'à soupçonner d'être des mouchards, les compagnons qui ont jeté les reposoirs installés sur la place du Bois-du-Verne, dans l'étang, lors des processions de la « fête-dieu ». Leur langue de vipère nieraient-elles que la chasse aux lèche-bottes, aux embrigadés de la compagnie des mines de Blanzy ; que les explosions qui ont fait sauter les croix et autres objets de même nature avant l'entente Brenin/Thévenin, sont l’œuvre de compagnons dévoués, résolus à combattre les préjugés superstitieux ? Oui, il continueront à répandre leur calomnies, puisqu'elles doivent profiter à l'approche des élections, mais le jour viendra où nous les ferons taire !

 

Les anarchistes de Montceau-les-Mines et du Bois-du-Verne

 

 

En tout état de cause, Thévenin mort, le procès se tient sans lui. Ce qui arrange le ministère qui n'aura pas à s'expliquer sur la manipulation12 ; et donne, une fois de plus, libre cours aux délires complotistes de ceux voulant marginaliser ou discréditer l'action des anarchistes (républicains socialistes et radicaux bourgeois...). Par contre, cela laisse l'agent Brenin seul face aux juges...

 Ne pouvant plus vraiment se dédouaner sur le commissaire Thévenin, il va devoir supporter seul l'accusation de provocation à l' « attentat fatal ». Il va alors s'acharner durant l'instruction à charger les compagnons arrêtés en même temps que lui afin de démontrer que l' attentat contre le marqueur Étienney est de leur seule initiative, réduisant son propre rôle à celui de simple informateur. Ce n'est pas gagné, l'État n'y a en effet pas intérêt...

 

Yves Meunier

 

 

1Cité dans l'article de Roger Marchandeau « l'étrange folie du commissaire Thévenin » - La physiophile, N° déjà cité.

 

2« J'ai brûlé toutes les lettres qu'il m'a adressées parce que Brenin disait que les anarchistes voulaient m'assassiner, et qu'il ne voulait pas qu'après ma mort on ne trouva chez moi quelques papiers compromettants » - Témoignage Thévenin, 20 décembre 1884.

 

3« Brenin m'a dit : Je sais que vous avez un tout petit revolver, je vous laisse le mien ! » Témoignage Thévenin, 20 décembre 1884.

 

4Cité dans l'article de Roger Marchandeau « l'étrange folie du commissaire Thévenin » - La physiophile, n° déjà cité.

 

5Article pré-cité.

 

6Témoignage d'Anne Brenin, 20 février 1885 (soit le lendemain de la mort de Thévenin...)

 

7Le Révolté, 18 au 31 janvier 1885.

 

8Et cela dure encore aujourd'hui ! Nous avons signalé dans notre introduction un petit ouvrage écrit en 2011 par des universitaires de l'Université de Bourgogne : Ouvriers en mouvement au 19 siècle, Le Creusot Montceau-les-Mines , St Sernin du Plain, n°5 des cahiers d'Adamios. Ce livre résume en 2 lignes les actions de La bande noire : « La bande noire ? Une dangereuse organisation anarchiste ? En fait, une poignée de naïfs manipulés par la police ! ». Le reste de cet ouvrage de plus de 100 pages est consacré à des statistiques électorales... Les disciples de J.B. Dumay bafouillent encore une histoire falsifiée au fond des amphis de facultés.

 

9Georges Ernest Jean Marie Boulanger, militaire ayant sévit en Algérie, Cochinchine et pendant la « semaine sanglante » réprimant dans le sang La Commune de Paris. Il commandait un régiment versaillais pendant la répression. Devenu l'étendard des revanchards contre l'Allemagne et de la Ligue des patriotes, il va se lancer en politique avec le soutien d'un Rochefort passé à l’extrême droite et qui le suivra jusque dans son exil bruxellois à la fin de la décennie des années 1880. Boulanger se suicidera sur la tombe de sa maîtresse en 1891.

 

10L'Intransigeant, 16 novembre 1884.

 

11Il s'agit bien sûr de Claude Brenin.

 

12De là à dire que l'État contribua à la maladie de Thévenin... La rumeur publique montcellienne relaiera l’hypothèse mais aucune preuve ne vient l'étayer. Il est vrai que sa maladie est fulgurante, ce qui donne lieu à toutes les conjectures. Même L'intransigeant n'ira pas jusqu'à rendre clairement le gouvernement responsable de la mort de Thévenin. Le journal titrera un billet le 23 février 1885 « Une mort opportune » stipulant que : « la mort on ne peut plus opportune de ce mouchard rend un grand service à l’Émaillé (surnom donné au ministre de l’intérieur Waldeck-Rousseau).