Feu la chapelle du Bois-du-Verne


Le Bois-du-Verne est un quartier de la commune de Montceau-les-Mines en Saône-et-Loire et cela depuis le milieu du 19ème siècle date à laquelle la commune de Montceau fut créée. Le quartier dépendait auparavant de la commune de Blanzy. La chapelle du Bois-du-Verne comme les écoles des frères maristes était propriété de la Compagnie des mines de Blanzy. Le très jésuite/chrétien patron Léonce Chagot régnait en maître féodal sur tout ce territoire. Puis l'abbé Gaulthier* arriva à l'été 1878 prendre ses fonctions au Bois-du-Verne. Débuta alors une période de montée de tension anti-cléricale contre ce suppôt zélé du patron qui n'hésitait pas à dénoncer ceux qui ne lui obéissaient pas notant leurs noms dans son petit carnet et les communiquant à Maître Chagot qui, illico, renvoyait les contrevenants. Les renvoyait de la mine, de leur maison, du fief tout entier... Tout étant à lui et au nom de la sacro-sainte propriété, il faisait ce qu'il voulait.

Le 15 août 1882, le couvercle social sauta et la Chapelle d'abord un peu dynamitée, brûla. Ne resta que la maçonnerie. Gaulthier s'enfuit et ne revînt plus. N'en finissant pas de se lézarder pendant plus d'un siècle (comme le notait un chroniqueur local), menacée d’effondrement, la chapelle fut fermée par arrêté municipal le 4 février 2011. Propriété de la compagnie des mines, elle ne fut pas concernée, comme toutes les églises de Montceau-les-Mines, par la loi de 1905 qui nationalisa les biens de l'église. Lors de la nationalisation des mines en 1946, la compagnie légua la chapelle au diocèse. La commune n'avait donc pas à subvenir aux travaux de remise en état... Fin octobre 2013, elle fut réduite à un tas de pierres par les pelleteuses. 

Y.M.

 

Ci-dessous un petit reportage photo pour illustrer cette histoire :

* Portrait de l'abbé Gaulthier par les frères maristes dans leurs annales de 1881 :

"M. L'abbé Gauthier chapelain du Bois de Verne depuis le 10 juin 1878, est un excellent prêtre bien zélé, mais qui n'avait pas parfaitement compris sa nouvelle situation. Avant de venir dans ce centre ouvrier, il était vicaire à Chauffailles, grande et religieuse paroisse du Charolais, où, grâce aux habitudes très chrétiennes des habitants, le clergé avait conservé une grande influence. En arrivant au Bois de Verne, ce bon prêtre crut qu'avec un peu de fermeté, il pourrait agir comme on faisait à Chauffailles, avec cette population cosmopolite d'ouvriers, composée, en très grande partie, de l'écume des pays, d'où elle venait . Cela lui fit grand tort auprès de ses paroissiens."